Summary
Highlights
La Charte d'Ottawa est qualifiée de texte visionnaire malgré son besoin d'actualisation. Elle n'abordait pas la révolution numérique, le développement de la recherche interventionnelle en promotion de la santé (preuve scientifique) ni l'accroissement des inégalités sociales de santé, qui sont devenus des enjeux majeurs. Cependant, elle a posé les bases d'un système de valeurs et de pratiques encore pertinent aujourd'hui.
La présentation débute par un retour sur la Charte d'Ottawa de 1986 et son impact sur la promotion de la santé. La santé y est définie comme une ressource de la vie quotidienne, un concept positif axé sur les ressources personnelles, sociales et les capacités des individus, dépassant le simple cadre des soins.
La Charte d'Ottawa est représentée par ses cinq axes majeurs : promouvoir des politiques publiques favorables à la santé, créer des environnements favorables, renforcer l'action communautaire, réorienter les services de santé et développer les aptitudes personnelles. Chaque axe est analysé en comparant sa formulation originale à sa réinterprétation et sa mise en œuvre en 2016.
Initialement, cet axe mettait l'accent sur l'intégration de la santé dans l'agenda des responsables politiques de divers secteurs. Aujourd'hui, cela se traduit par l'importance accordée aux conditions de vie, à l'intersectorialité et au plaidoyer politique. L'évolution inclut également les évaluations d'impact sur la santé et la prise en compte des déterminants sociaux de la santé.
La Charte soulignait l'importance des environnements physiques et le lien entre les individus et leur milieu (approche socio-écologique), la conservation des ressources naturelles (développement durable), la création de milieux de travail sains et l'évaluation des effets du milieu sur la santé. Aujourd'hui, cette approche intègre également les environnements sociaux, reconnaissant le lien social comme un déterminant majeur de la santé.
Cet axe promeut la participation effective et concrète de la population dans la définition des priorités de santé et la prise de décision. Le concept d'« empowerment » des populations, c'est-à-dire le développement de leur pouvoir social, politique, économique et psychologique, est devenu central dans les actions contemporaines de promotion de la santé.
La Charte préconisait un partage des responsabilités en matière de promotion de la santé entre particuliers, groupes, professionnels et gouvernements. Elle insistait sur le rôle du secteur sanitaire au-delà des soins médicaux, incluant le plaidoyer et une formation professionnelle adaptée pour une approche globale des besoins de l'individu. Cela se concrétise aujourd'hui par la démocratie en santé et la prise en compte de la parole des patients.
La promotion de la santé soutient le développement individuel et social par l'éducation pour la santé et le perfectionnement des aptitudes. Les « aptitudes indispensables à la vie » de la Charte correspondent aujourd'hui aux compétences psychosociales. L'éducation pour la santé est un apprentissage tout au long de la vie et s'applique dans divers milieux (école, travail, communauté), permettant aux individus de s'investir dans les autres axes de la promotion de la santé.