Summary
Highlights
Le monde contemporain est marqué par des changements rapides (climatiques, démographiques, urbanisation), désignés comme "changement global" ou "transition". Les sociétés aménagent et exploitent leur environnement, posant des questions sur la gestion des ressources et les risques. La problématique est d'analyser les interactions entre sociétés et environnement dans ce contexte de changement global. Le plan comprend deux parties : les sociétés face aux risques et les ressources sous pression.
Il est crucial de distinguer aléa, vulnérabilité et risque. L'aléa est un phénomène naturel ou technologique probable. La vulnérabilité représente l'impact prévisible de ce phénomène sur les activités humaines. Le risque est la potentialité d'une catastrophe, résultant de l'interaction entre aléa et vulnérabilité (Risque = Aléa x Vulnérabilité). Les risques peuvent être naturels, humains (technologiques, géopolitiques) et exister à diverses échelles : planétaire (changement climatique), étatique (guerre) ou territoriale (volcans, cyclones).
La fragilité des sociétés dépend de leur exposition aux aléas. Certains territoires sont à haut risque en raison de l'activité sismique et volcanique (ceinture de feu du Pacifique, zones le long des plaques tectoniques), des aléas climatiques (zones intertropicales pour les cyclones et sécheresses, zones polaires pour les blizzards), et des risques technologiques et industriels concentrés dans les zones urbanisées et littorales. L'urbanisation et la littoralisation augmentent l'exposition aux risques, même si la fréquence des aléas n'augmente pas.
La vulnérabilité varie selon le niveau de développement des États et leur capacité à prévenir et gérer les risques. Les activités humaines comme l'urbanisation et la déforestation peuvent renforcer cette vulnérabilité (par exemple, augmentation des inondations). Dans les pays riches (Nord), les pertes sont principalement économiques, pouvant paralyser des régions. Dans les pays en développement (Sud), les catastrophes sont d'abord humaines et humanitaires, avec un nombre élevé de victimes dû aux habitations précaires et à la défaillance des systèmes de gestion de crise.
La prévention des risques vise à sensibiliser les populations par l'information, l'entraînement et la mise en place d'une mémoire du risque (repères de crues). Cela inclut la prévision des aléas (satellites pour les cyclones) et le développement d'infrastructures de protection (digues, paravalanches) et de normes de construction. La gestion des crises post-catastrophe et la reconstruction sont également essentielles. La résilience, capacité des sociétés à se relever, est améliorée par une reconstruction réfléchie (ex: modernisation du réseau électrique à Porto Rico).
L'adaptation aux risques révèle d'importantes inégalités entre le Nord et le Sud. Dans les pays du Nord, la prévention est un défi majeur impliquant de nombreux acteurs (citoyens, associations, collectivités, État) et intégrée dans les politiques d'aménagement du territoire (ex: risques Seveso). Dans les pays du Sud, notamment les pays émergents, le développement industriel ne s'accompagne pas toujours d'une prévention des risques, entraînant des catastrophes industrielles. Les pays les moins avancés (PMA) se concentrent sur la réduction de la vulnérabilité de leurs populations en améliorant l'habitat et les infrastructures vitales, mais l'occupation d'espaces interdits à la construction reste un obstacle.