Summary
Highlights
Vladimir Poutine considère l'existence d'un État ukrainien indépendant comme une anomalie, et l'invasion de 2022 visait à y mettre fin. L'histoire révèle une relation complexe entre la Russie et l'Ukraine, bien avant l'existence de la Russie moderne.
L'histoire de la relation russo-ukrainienne remonte à l'an 864, lorsque des Vikings suédois s'installent à Kiev et fondent la Rous de Kiev. Au 11e siècle, la Rous de Kiev est le plus puissant État d'Europe, s'étendant de la mer Noire à la Finlande, une puissance que la Russie tentera plus tard de s'approprier pour établir une continuité historique.
Après l'implosion de la Rous de Kiev et les dominations successives, au 17e siècle, des guerriers semi-nomades, les Cosaques, forment un État indépendant, l'Hetmanat cosaque. Pour survivre, ils signent le traité de Pereïaslav en 1654 avec l'Empire russe, un choix lourd de conséquences pour l'avenir de l'Ukraine.
Malgré l'annexion progressive par l'Empire russe, la culture ukrainienne survit, notamment à travers des œuvres littéraires comme celles de Nicolas Gogol. La littérature ukrainienne du 19e siècle devient plus engagée, ce qui irrite Moscou, menant à l'interdiction de la langue ukrainienne par Alexandre II, mais le sentiment national persiste.
Après la chute de l'Empire russe en 1917, l'Ukraine déclare son indépendance, mais elle est finalement intégrée à l'URSS en 1922 comme la République Socialiste Soviétique d'Ukraine. Staline arrive au pouvoir et réprime tout nationalisme, notamment ukrainien, en organisant une famine en 1932-1933 qui coûtera la vie à quatre millions de personnes pour briser la résistance paysanne.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'Ukraine obtient un certain statut au sein de l'URSS, recevant même la Crimée en 1954. Cependant, la catastrophe de Tchernobyl en 1986 déçoit les Ukrainiens. En 1991, avec l'effondrement de l'URSS, l'Ukraine vote pour son indépendance, mais maintient initialement des liens étroits avec la Russie.
Depuis les années 1990, la place Maïdan à Kiev devient le symbole de l'affirmation politique ukrainienne. En 2014, le refus du président pro-russe Ianoukovitch de signer un accord avec l'Union européenne déclenche des manifestations massives. Ces événements, que certains qualifient de révolution politique et de formation d'une nation civique, conduisent à la fuite d'Ianoukovitch. En réponse, Vladimir Poutine annexe la Crimée et soutient les séparatistes, scellant la rupture entre Moscou et Kiev.