Summary
Highlights
La société française était structurée autour de trois ordres: les paysans, les religieux et les nobles. L'évolution économique a vu la montée en puissance de la bourgeoisie, qui, détenant désormais la richesse, aspirait également au pouvoir politique, se heurtant aux privilèges de la noblesse et du clergé. La crise financière du royaume, exacerbée par l'exemption fiscale des ordres privilégiés, met le roi Louis XVI dans l'obligation de convoquer les États Généraux.
En 1788, la convocation des États Généraux est annoncée. Maximilien de Robespierre, jeune avocat d'Arras, saisit cette occasion. Dans un mémoire percutant, il dénonce la pauvreté du peuple et l'invite à prendre conscience de ses droits. Aux États Généraux de 1789, malgré ses difficultés d'élocution, Robespierre s'affirme comme un défenseur des pauvres et un critique incessant des inégalités, participant activement au Club Breton (futur Club des Jacobins).
La bourgeoisie s'auto-proclame Assemblée nationale et lance la rédaction d'une constitution. Face à la tentative du roi de reprendre le contrôle, la bourgeoisie arme le peuple, menant aux journées des 12, 13 et 14 juillet 1789 et à la prise de la Bastille. Le roi cède, mais la bourgeoisie peine à désarmer le peuple. L'Assemblée devient Constituante, saisit les biens du clergé. Le peuple parisien ramène la famille royale à Paris. Le Club Breton, devenu Jacobins, acquiert une influence considérable, façonnant l'opinion publique.
Robespierre plaide inlassablement pour les plus démunis, dénonçant l'hypocrisie des Constituants qui ne respectent pas leurs propres principes d'égalité et de liberté, notamment en ce qui concerne le droit de vote et la composition de la Garde nationale, réservés aux citoyens payant des impôts. Il invente la devise 'Liberté, Égalité, Fraternité'. Le roi tente de s'enfuir mais est rattrapé. L'Assemblée, soucieuse de ne pas perdre son pouvoir, réprime une manifestation sur le Champ-de-Mars.
En octobre 1791, l'Assemblée Législative est mise en place. Certains jugent la Révolution terminée, d'autres non. La guerre avec les puissances étrangères approche, chacun y trouvant son compte. Robespierre s'y oppose, craignant une défaite française et l'annihilation de la Révolution. La guerre est déclarée à l'Autriche en avril 1792. Le manifeste de Brunswick, menaçant Paris, déclenche l'indignation populaire. Le 10 août 1792, le peuple prend d'assaut les Tuileries. Robespierre prend la tête de la Commune insurrectionnelle et demande une nouvelle Assemblée élue au suffrage universel. La Convention Nationale abolit la royauté et proclame la République. Le procès du roi Louis XVI s'ensuit, et malgré les réticences girondines, Robespierre plaide pour son exécution, justifiée par la survie de la Patrie. Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793.
Face à la menace militaire et aux troubles sociaux, Danton propose la création d'un Tribunal révolutionnaire et d'un Comité de Salut Public. Ce dernier, sous l'égide de la Convention, doit gérer les menaces intérieures (Vendée, mouvements sociaux) et extérieures. Robespierre, membre du Comité, entre en conflit avec les Girondins sur la question des droits de propriété, proposant d'en limiter l'exercice. Les Girondins, menacés, tentent de soulever les départements. Finalement, 29 Girondins sont arrêtés et une nouvelle constitution, plus sociale, est votée mais jamais appliquée.
Robespierre rejoint le Comité de Salut Public en juillet 1793. Né à Arras en 1758, il a été marqué par la mort précoce de sa mère et l'abandon de son père. Élève brillant, il est solitaire et de santé fragile. Il trouve une famille d'adoption chez les Duplay. Au Comité, il réorganise l'armée, purgeant certains officiers aristocrates. Les victoires militaires s'enchaînent. Les Sans-culottes réclament un prix maximum pour les denrées, ce que Robespierre soutient. La chute de Toulon et l'appel à la Terreur marquent l'instauration des premières mesures répressives contre les suspects.
En février 1794, Robespierre prononce un discours où il expose sa vision d'une République fondée sur la vertu, la justice et la morale, opposée aux vices de la monarchie. Il est malade et prend conscience des deux dangers: ceux qui veulent adoucir la Révolution et ceux qui veulent la rendre barbare. Les Hébertistes (extrême gauche) sont arrêtés et guillotinés. Danton, critiquant le Comité et demandant d'alléger la Terreur, est également visé par Robespierre. Il est arrêté, jugé sommairement et exécuté.
Robespierre accumule les ennemis: anciens Dantonistes, Sans-culottes, agents des départements dont il dénonce les exactions, et membres du Comité de Sûreté Générale. Épuisé et sentant sa fin proche, il propose d'instaurer le culte de l'Être suprême, une forme de religion d'État, afin de restaurer la spiritualité dans la République. Cette initiative, le plaçant au sommet de sa popularité lors de la Fête de l'Être suprême, est moquée par ses adversaires. Il fait voter la loi du 22 prairial qui accélère la Terreur, ne laissant que deux options: l'acquittement ou la mort.
Ses adversaires se liguent contre lui. Il se retire du Comité de Salut Public pendant trois semaines. Pendant ce temps, la Terreur s'intensifie, faisant toujours plus de victimes, ce dont Robespierre se dit indigné. Les victoires militaires françaises rendent la Terreur moins nécessaire. Les comités tentent de se réconcilier, mais Robespierre, se sentant trahi, annonce un discours majeur à la Convention le 8 Thermidor. Dans ce discours fleuve, il dénonce les abus de la Terreur, se défend d'être un tyran et dénonce une conspiration au sein des comités. Le discours n'est pas imprimé et Robespierre n'est plus intouchable. Le 9 Thermidor (27 juillet 1794), Saint-Just est interrompu à la tribune. Tallien accuse Robespierre, qui tente de se défendre mais est réduit au silence par les cris. L'arrestation de Robespierre, de son frère Augustin, de Saint-Just, Couthon et Le Bas est votée.
Robespierre et ses compagnons sont conduits à la Convention. La Commune tente de les libérer en appelant les sections sans-culottes. Robespierre est d'abord emprisonné, puis emmené à l'Hôtel de Ville par des sympathisants. Il hésite, refusant de marcher sur la Convention. Il est mis hors-la-loi par la Convention. Les forces de la Convention investissent l'Hôtel de Ville. Robespierre est blessé à la mâchoire, probablement par un coup de pistolet. Ses compagnons sont également neutralisés. Le 10 Thermidor, Robespierre et 21 de ses partisans sont guillotinés. La bourgeoisie reprend le contrôle, abolit la loi du maximum, le suffrage universel et la Constitution de 1793. La mémoire de Robespierre est occultée par l'histoire des vainqueurs.
La famille Duplay et Charlotte Robespierre sont arrêtées. Madame Duplay se suicide en prison. Les Duplay survivent. Charlotte bénéficie d'une pension jusqu'à sa mort. Les corps de Robespierre et de ses compagnons sont enterrés dans une fosse commune au cimetière des Errancis. L'emplacement du corps de Robespierre reste inconnu.